L’amour du diesel

Diesel, mon amour!

Diesel, mon amour!

En ces périodes de dégagisme effréné, je me dis qu'il y a peut-être de la place pour une petite chronique acerbe, dont le contenu aurait pour mission de redorer le blason du gasoil...

Oui, c'est rétrograde, mais dès lors qu'une nouveauté occupe le devant de la scène, elle devient par définition obsolète, donc je ne suis pas forcément hors des clous!

Alors oui, contre vents et marées -pas forcément noires- je veux dire tout le bien que je pense de cet essence -mot plutôt de circonstance en l'occurrence.

Pendant des années, nos têtes pensantes ont décidé pour l'humanité entière qu'il n'existait point de salut en dehors de ce breuvage.

Pourtant, pour m'être coltiné à l'époque des centaines de kilomètres de bitume derrière la bonne Volvo 740 qui crachait ses poumons, je peux vous garantir qu'à ce moment là, je le voyais moins bien l'intérêt du gasoil... même avec les essuie glace à fond!

Sans parler de toutes ces hordes de BX,  Renault 21 ou  405 GRD qu'on décrassait à grand coup d'accélérateur, plongeant les poursuivants dans le noir total... (pas la station...)

Oui, mais ça c'était avant. Car pendant des années, nos techniciens automobiles ne sont pas restés les 2 pieds dans le même sabot.

Et à force de nuits blanches, ils nous ont sorti les blocs moteurs qui vont bien, badgés TDI, CDTI, HDI... bref, que des lettres bizarres derrière lesquelles se cachait la crème de la crème!

Et avec ça, des courbes de consommation tellement orientées à la baisse que François Hollande nous en a fait une déprime, et un agrément de conduite tel qu'on fait désormais 3 fois le tour du périphérique avant de rentrer chez soi!

Il aurait fallu être fou pour se priver de pareille félicité.

Et dans les tous les quartiers de l'hexagone, c'est à qui s'est fait péter la dernière Golf TDI, ou la petite 208 diesel qui ferait Paris/ Marseille avec un litre de gasoil dans ses entrailles!

Tout allait donc bien dans le meilleur des mondes possibles, mais las!

Nos gouvernants ont décidé de siffler la fin de la récréation, décrétant que tout ça n'avait que trop durer.

Maintenant, direction les magasins de bricolage pour acquérir des kilomètres de rallonge électrique!

Et par chez nous, ça crée un sacré bazar, car avec tous nos ronds points, ça fait des nœuds partout, et pas seulement au cerveau!

Alors oui, j’entends déjà les remarques fuser de toute part. « Et la protection de la planète, c’est du nougat ? »

Bien entendu que c’est important, mais à l’instar de la vitesse sur la route responsable de nos 4000 morts annuels, ne faisons-nous pas une fixation obsessionnelle qui nous empêche de se concentrer sur d’autres maux tout aussi importants ?

Accorder la paternité du désastre écologique uniquement au diesel me semble simpliste, d’autant qu’entre les baisses drastiques de consommation et la faiblesse des émissions de Co² (même un peu bidouillé), nos moteurs diesel contemporains font figure de très bons élèves face à de nouvelles énergies qui certes, sur le papier, présentent un visage plus propre, mais qui posent tout de même un sérieux problème d’utilisation au quotidien.

A moins de trouver au fond de sa poche un petit billet de 100 000 euros permettant de s’offrir une Tesla, seule automobile capable de vous emmener voir la belle mère dans le Cantal et d’en revenir, personne aujourd’hui ne présente une offre cohérente, chaque modèle électrique sur le marché ne dépassant pas les 350 km d’autonomie.

Il y a l’hybride aussi, dont les vertus sont avérées, mais quid de la fiabilité dans le temps ? Et de la revente des véhicules en question ?

Bref, nous sommes en pleine mutation énergétique, mais pendant ce temps, le moteur diesel fait son boulot, travaille son couple et son agrément de conduite, au point que les plus fidèles clients de marques prestigieuses ne jurent plus que par ça.

Alors je sais qu’il est de bon ton de brûler ce qu’on a adoré, mais je persiste à croire aux vertus du Diesel, et je le conseille à mes clients, notamment à ceux qui consomment du kilomètre ou qui circulent dans des voitures lourdes. Car pour ces derniers, à moins d’avoir la carte Gold de chez Total, filer au régulateur avec toute sa petite famille en avalant moins de 6 litres au 100, reste à mes yeux la meilleure garantie d’aller loin au moindre coût !