Circuit Fay de Bretagne Motorsport Academy

Au diable les conventions !

Au gré de mes pérégrinations, j’ai eu la chance de me retrouver ce Lundi sur le circuit de Fay de Bretagne, sorte d’anneau de bitume autour duquel se rassemble une secte d’homo sapiens en mal de sensations.

Et au risque de vous choquer, je cotise depuis longtemps au sein de cette confrérie.

Le fait de pouvoir contempler d’un seul regard tous ces tas de ferrailles qu’une seule vie de labeur ne me permettra pas de m’offrir, voilà qui me réjouit (Alors que tout bien pensant se sentirait frustré).

Eh bien non, bien au contraire. Qu’il est doux de pouvoir toucher du doigt ce qui ne nous appartient pas et de faire comme si, l’espace d’un instant.

Comme si cette sportive allemande, à la puissance scandaleuse pour nos élus, était mienne…

Comme si, là, dans le fond de mon garage de banlieue, sommeillait le monstre qui allait mettre toutes les forces de police sur les dents à chacune de mes virées …

Comme si d’un coup d’un seul, je décidai de m’affranchir de toutes les règles de bonne conduite, justement parce que je conduis bien, et que je considère que j’ai droit à un outil conforme à  mon coup de volant.

Comme si enfin, je pensai que les normes antipollution et les jerricans de sans plomb n’étaient conçues que pour freiner mes ardeurs et ma soif de mieux vivre…

C’est avec ce genre d’idées malsaines que je me suis glissé avec délectation dans le baquet de cette Audi diabolique…

Et mon moniteur de me conforter dans mes choix immoraux… Système Quattro, 466 cv juste derrière la nuque, tout pour plonger dans la vraie vie… l’espace de 6 tours.

Et passée la période d’apprivoisement, je me suis rapidement téléporté dans ce que pourrait être mon quotidien avec ces purs sangs comme animaux de compagnie…

Les regards éloquents de mes voisins, les collègues de bureau jalousant mon statut, les femmes me voyant soudain à ma juste valeur… bref, j’ai pris conscience du pouvoir que pouvait me conférer ces morceaux de tôles embouties avec soin par des ingénieurs germaniques de génie.

Et j’en ai conclu qu’il était normal de rendre hommage à leur savoir faire, en faisant valser d’un coup tous ces interdits permanents qu’ont de cesse de nous rappeler nos excès en tout genre.

Trop de vitesse, trop de pollution, trop d’argent, trop de carburant…

Moi, j’aurai tendance à vouloir user de mes 466 cv pour pulvériser cette société castratrice, et revendiquer haut et fort le goût pour l’irrévérence, le scandaleux… Justement, parce qu’à mes yeux, il n’y a rien de péjoratif ni de négatif dans tout ça…

Juste une volonté de vivre pleinement, le nez au vent, le coude sur la portière, bercé par le feulement du 8 cylindres essence, tout heureux d’avoir trouvé un chef d’orchestre disposé à le faire chanter.